- A A A A +
Bannière
Accueil Consulter les Archives 2011 Septembre 2011 Quoi de neuf ? Mot d'Ordre : Viaduc de la Concorde – 5 ans après!

Offres d'emploi

Formations

 
Meilleurs cours du colloque
Dès septembre 2013



De retour cet automne
Les Après-midis du Génie
 

Bulletin N°82 - septembre 2011

Quoi de neuf ?

Mot d'Ordre : Viaduc de la Concorde – 5 ans après!

Par Maud Cohen, ing., présidente

C’est un bien triste anniversaire à souligner que celui de l’effon­drement du viaduc de la Concorde. Survenu le 30 septembre 2006, l’effondrement du viaduc lavallois a coûté la vie à cinq personnes. Cette tragédie est venue interpeller la population québécoise toute entière, et notre profession en particulier. Dès le lendemain du drame, la tenue d’une commission d’enquête publique pour faire la lumière sur les circonstances de l’événement était annoncée.

Le Bureau du syndic poursuit ses enquêtes
Cela fait quelques années que le Bureau du syndic travaille sans relâche afin de faire toute la lumière sur la responsabilité des ingénieurs dans l’effondrement du viaduc de la Concorde. Si la commission d’enquête publique menée par Pierre-Marc Johnson est intervenue sur le système dans son ensemble et a relevé des lacunes, l’intervention de l’Ordre se situe sur un autre plan : il s’agit de rassembler les preuves, tant sur les règles de l’art à respecter que sur les personnes qui doivent les appliquer.

Le travail est gigantesque, car les enquêtes de l’Ordre portent à la fois sur la conception, la construction et l’entretien du viaduc, ce qui nécessite de remonter en arrière sur une période d’une quarantaine d’années. Il s’agit d’une des enquêtes les plus complexes jamais menées par le Bureau du syndic et par l’ensemble du système professionnel.

Conscient de l’ampleur de la tâche, le Conseil d’administration de l’Ordre a accordé toutes les ressources nécessaires au Bureau du syndic pour qu’il soit en mesure de mener ce dossier sans précédent, tout en gérant une forte augmentation du nombre des demandes d’enquête. Le Bureau du syndic a ainsi doublé ses effectifs, qui sont passés de 12 à 22, en plus de revoir ses méthodes de travail en profondeur.

Aujourd’hui, les enquêtes en lien avec l’effondrement du viaduc de la Concorde sont bien avancées, même si, dans certains cas, il reste difficile de trouver des experts indépendants pour monter les preuves nécessaires aux dépôts de plaintes auprès du Conseil de discipline. Déterminé à aller jusqu’au bout, l’Ordre multiplie les efforts requis pour mener les enquêtes à terme et arriver à départager les responsabilités des ingénieurs impliqués. Si des erreurs professionnelles ont été commises, les ingénieurs fautifs doivent être sanctionnés. Il en va de la crédibilité de notre système professionnel.

Gardons à l’esprit les enseignements de cette tragédie!
Parallèlement à l’ouverture d’une vingtaine d’enquêtes par le Bureau du Syndic, l’Ordre avait publié, à titre de participant et d’intervenant à la commission Johnson, un mémoire présentant des recommandations concrètes afin d’insuffler une vision à long terme de la gestion et de l’entretien des infrastructures. Sur les neuf recommandations formulées par l’Ordre, huit avaient été reprises dans le rapport de la commission Johnson. Pour rappel, ces recommandations incluaient :

1. la surveillance obligatoire pour tout ouvrage d’ingénierie complexe;
2. la traçabilité de tous les actes professionnels, de même que celle des responsables tout au long de la vie de l’ouvrage;
3. l’élaboration de plans d’intervention à long terme pour les infrastructures;
4. la production et la communication d’une évaluation de l’état des infrastructures;
5. le recours à des services professionnels pour préparer des plans d’intervention, participer à la sélection de professionnels et superviser la surveillance des travaux sur les infrastructures;
6. l’élaboration de plans d’investissements décennaux;
7. la révision du mode d’attribution des mandats d’ingénierie dans les municipalités;
8. l’institution d’un organisme public, vérificateur indépendant des infrastructures rendant compte au gouvernement de l’état général de la gestion des infrastructures.

Cinq ans plus tard, l’Ordre constate que l’instauration de ces bonnes pratiques tarde encore. En effet, si certaines ont été mises en application, ce n’est que de façon partielle et il est aujourd’hui impossible de juger de l’application de recommandations, comme la traçabilité des actes professionnels, par les gestionnaires d’infrastructures. Quant à la surveillance des travaux d’ingénierie, elle n’est toujours pas obligatoire et demeure une revendication importante de l’Ordre dans le cadre de la révision de la Loi sur les ingénieurs.

Alors que des ouvrages majeurs du réseau routier québécois doivent être remplacés, l’Ordre rappelle qu’il est primordial d’adopter les meilleures pratiques de gestion d’infrastructures en apprenant des erreurs passées et en revenant à l’essentiel des conclusions de la commission Johnson. Il y va de la sécurité de la population, de la saine gestion des deniers publics et de la crédibilité de notre profession.
 

Imprimer PDF
Article suivant >

Publicité

Bannière
Bannière
Bannière
Bannière
Bannière
Bannière
Bannière
Bannière
Bannière
Bannière